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La bouillabaisse au Cabanon

Mon cher Jupi !
Tu me demandes de t’écrire, ou plutôt de te décrire la recette de ce que nous avons dégusté dimanche au cabanon…
Ce n’est pas si évident !
Devant la marmite c’est une chose, mais là….Bon essayons :
Pour faire une bonne bouillabaisse, (air connu)…il faut avoir..du bon poisson !
Donc, partir aux aurores, du côté de Hyères, Le Lavandou, avoir réservé le « peï* »par téléphone à un bon collègue marin pêcheur, prendre ce poisson, le nettoyer à l’eau de mer (très important !) te faire photographier par les touristes lève tôt qui se demandent ce que tu fabriques, les pantalons remontés au dessus des genoux, les pieds dans l’eau, à 8h du matin, et ramener ta « pêche » dans une glacière, à la maison.
C’était la première étape !
Après, tu allumes ton feu. Normalement c’est dans un gros bidon, coupé en deux, qu’on brûle des morceaux de pin, mais là, vu la sècheresse, on a pris un trépied et le gaz !Le cabanon, il est en pleine couale*, pas sur la place de l’église ! Alors mèfi*!
Puis, très important, tu fabriques un « fond ».C’est à dire que tu frottes d’ail ta marmite en fonte (pas celle de la bouillabaisse !)Tu y mets a chauffer ½ verre d’huile d’olive (de la bonne ! mais ça c’est facile, le cabanon est entouré d’une cinquantaine d’oliviers, et que c’est moi le couillon qui ramasse les olives !)Tu y mets un oignon haché, les poissons « amochés » que t’a donné le pêcheur exprès pour ça, un litre et demi d’eau, deux petites boîtes de concentré de tomates (ou de ton coulis maison) sel poivre quatre petites boites de safran.
Tu fais cuire demi heure et tu passes à la moulinette (chinois)…attention les épines !
Au moment de faire ta bouillabaisse, tu prends une grosse marmite où tu mets un verre d’huile d’olive, deux gros oignons hâchés grossièrement, une dizaine de gousses d’ail épluchées mais entières,tu fais un peu revenir, tu mets des seiches et des favouilles*, qui deviennent rouges comme des gratte-culs, du fenouil en branches, un « péssu » de peau d’orange sèche, du thym, du laurier, sel, poivre,là tu mets ton fond, que tu as confectionné dans la marmite en fonte.

Puis, tu mets les pommes de terres épluchées et coupées en grosses tranches épaisses.(environ 2 par personne)Tu couvres d’eau. Et tu rajoutes encore 4 petits pots de safran.Tu attends que ça bout, puis tu baisses un peu ton feu et laisse cuire tes patates une dizaine de minutes.
Surveille ! Parce que tu es pas en train de préparer une purée !
Après tu mets ton poisson !
Les gros en premier :les baudroies, le congre…Tu laisses un peu remonter la chaleur, quelques minutes et hop tu mets les Saint-Pierre, les rascasses, les galinettes, etc… enfin les plus tendres.
Là , il faut entre 7 et dix minutes.La messe est dite !
Après tu sais comme il faut faire : tu mets dans les assiettes creuses tes tranches de pain grillé tartinées de rouille, avec du fromage de gruyère râpé dessus et tu verses le bouillon, après avoir retiré les poissons et les pommes de terre, rangés dans le plat de service, qu’on déguste après avec le restant de rouille…
Nous, c’est comme ça qu’on la fait….
L’important, je me répète….c’est la fraîcheur du poisson ! C’est vrai que la soupe de « roche » est meilleure que celle de « chalut », mais au final, c’est avec le poisson qui bouge encore qu’on fait la « vraie » bouillabaisse !
Je viens de te décrire le travail des femmes….
Les hommes, tu t’en doutes bien, tout ça leur ayant donné soif, se sont assis sous les pins, pour de désaltérer avec un bon pastis…Les pauvres, avec cette chaleur, ils sont à plaindre…
La preuve, c’est qu’ils sont si fatigués, qu’après le repas, ils iront faire la sieste sous un pin, pendant que les dames feront la vaisselle…
Mais bon, là je m’arrête, parce que sinon, j’en ai pour trois jours !
Allez,Adésias, mon bon Jupi, dommage que je ne puisse pas te faire sentir le fumet qui sortait de la marmite…..@+ mémé…..
Voici une variante qui ne vous décevra pas